Le B.A BA des bio-préparations

Les mots pour comprendre ce que sont vraiment les bio-préparations, d’où elles viennent, et ce qu’elles recouvrent.

Bio-intrant ou bio-préparation ?

Un bio-intrant est une ressource biologique agricole, acquise chez un tiers ou élaborée soi-même. Une bio-préparation désigne plus précisément la capacité à produire soi-même ce bio-intrant, en autonomie, à partir des ressources organiques déjà présentes sur son territoire. Toute bio-préparation est donc un bio-intrant, mais tout bio-intrant n’est pas nécessairement une bio-préparation — un produit acheté, même d’origine biologique, n’en est pas une.

Bokashi, bokashi agricole, bocashi aérobie : de quoi parle-t-on ?

Le bokashi domestique est une fermentation anaérobie d’origine japonaise, à base de micro-organismes importés (EM). En France, le terme « bokashi agricole » désigne plutôt des préparations liquides et anaérobies, appelées dans tous les pays d’Amérique du Sud « Préparations Biologiques Liquides ». Le bocashi aérobie est un procédé distinct, fonctionnant grâce à l’oxygène et s’appuyant plutôt sur les micro-organismes déjà présents localement.

Les grandes familles de bio-préparations

  • Amendements : améliorent la structure et la fertilité physique du sol sur la durée (le compost et le bocashi en sont les exemples les plus connus),
  • Biofertilisants : apportent aux plantes des éléments nutritifs directement assimilables, souvent via l’action de micro-organismes,
  • Biostimulants : stimulent, directement ou indirectement, les processus physiologiques naturels de la plante (enracinement, tolérance au stress),
  • Répulsifs : protègent les cultures contre les opportunistes — ces organismes (insectes, champignons, agents pathogènes) qui profitent d’un déséquilibre ou d’une fragilité de la plante pour s’installer et se développer,
  • Probiotiques : micro-organismes vivants bénéfiques, utilisés notamment pour soutenir la flore intestinale des animaux d’élevage,
  • Suppléments minéraux : apports ciblés de minéraux pour combler une carence spécifique, chez les plantes, les micro-organismes, comme chez les animaux,
  • Cicatrisants : préparations qui favorisent la cicatrisation après une plaie, une taille ou une greffe.

Un vide réglementaire à combler

Ces familles de préparations restent aujourd’hui peu ou mal identifiées par la réglementation européenne, qui peine à distinguer un bio-intrant produit localement d’un intrant standardisé acquis à un tiers.

Le cadre réglementaire, catégorie par catégorie

Ce vide n’empêche pas certaines catégories d’exister déjà, chacune avec son propre texte de référence :

  • Amendement organique : améliore la structure du sol. Norme NF U44-051 ou marquage CE européen (règlement 2019/1009),
  • Biofertilisant : apporte des éléments nutritifs à la plante. Régime des engrais (PFC 1), ou biostimulant selon l’allégation,
  • Biostimulant : stimule la physiologie de la plante indépendamment des nutriments. Catégorie PFC 6 du règlement européen, dont une sous-catégorie microbienne limitée à une liste fermée de souches,
  • Produit de biocontrôle : protège contre un ravageur ou une maladie. Bascule vers le régime des produits phytopharmaceutiques et l’autorisation ANSES, même à base de substances 100 % naturelles,
  • PNPP : deux régimes selon l’allégation — substance de base (droit européen, sans AMM française) ou SNUB (droit français, procédure allégée). Le purin d’ortie illustre les deux à la fois selon qu’on le vend comme fortifiant ou comme répulsif.

Ce qui détermine la catégorie, ce n’est jamais la composition seule — c’est la fonction que le produit revendique. Un même bio-intrant peut changer de régime selon ce qu’on lui fait dire.

Pour aller plus loin

Quatre articles détaillent chacune de ces catégories, cas par cas :

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